en français LAVOIRS, (Minéralogie) Les Espagnols d'Amérique nomment ainsi certains lieux dans les montagnes du Chily et dans quelques provinces du Pérou, où se fait le lavage d'une terre qui contient de l'or. Ils appellent aussi lavaderos les bassins où se fait ce lavage : ils sont d'une figure oblongue, et assez semblable à celle d'un soufflet à forge. Voyez OR.
S. f. (Histoire naturelle, Minéralogie) lapis fissilis, ardesia, ardosia ; espèce de schist, matière de la nature de l'argile, de couleur bleue ou grise, ou même rousse, qui se divise en lames minces, plates et unies, qu'on emploie pour couvrir les maisons. Cette espèce de couverture n'était pas connue des anciens ; le nom d'ardoise est nouveau, mais cette matière a servi dans les temps passés de moilon pour la construction des murs. On en fait encore aujourd'hui le même usage dans les pays où il s'en trouve des carrières. On dit que la plupart des murs d'Angers sont bâtis de blocs d'ardoise, dont la couleur rend cette ville d'un triste aspect. L'ardoise est tendre au sortir de la terre ; mais exposé à l'air, elle acquiert assez de dureté pour soutenir le poids d'un bâtiment : c'est par cette raison apparemment qu'on lui a donné le nom de pierre. Cependant ce n'est qu'une terre plus dure qu'une autre ; c'est un schist, un argile, comme nous l'avons dit, mais qui se trouve à une grande profondeur dans la terre. A mesure qu'on creuse davantage, on trouve cette terre plus dure et plus seche ; elle est disposée par bans, dans lesquels il y a des fentes qui se trouvent si près les unes des autres, que les lames qu'elles forment ont très-peu d'épaisseur. C'est par ces fentes qu'on les divise, lorsqu'on les prépare à servir de couverture aux bâtiments.
S. f. (Histoire naturelle et Minéralogie ancienne) nom que les anciens donnaient aux cheminées des fourneaux à fondre le cuivre. Elles allaient en se retrécissant du bas au sommet, afin que les vapeurs du métal en fusion s'y attachassent, et que la cadmie s'y formât en plus grande quantité. Voyez Dioscoride, Saumaise.
(Histoire naturelle, Minéralogie) c'est le nom que les anciens auteurs donnaient au vitriol, soit parce que tout vitriol contient du cuivre qui se nomme en grec , soit parce que c'est le cuivre qui en est la partie la plus remarquable, ou la plus aisée à distinguer. Voyez l'article VITRIOL. (-)
S. f. (Histoire naturelle, Minéralogie) carneolus, corneolus ; pierre fine demi-transparente de même nature que l'agate, mais de couleur plus vive et de pâte plus fine. Le caractère distinctif de la cornaline est le rouge vif, de sorte qu'on peut aisément la distinguer des autres pierres rouges, telles que certaines agates et certains jaspes. La cornaline en diffère autant par sa couleur, que le carmin diffère du minium. D'ailleurs on ne pourrait pas confondre la cornaline avec le jaspe, quelque rouge qu'il fut, puisque la première est demi-transparente, et que l'autre est opaque. Il y aurait plus de difficulté à distinguer la cornaline de certains morceaux d'agates qui sont rouges ou rougeâtres, parce que ces deux pierres ont à-peu-près le même degré de transparence ; mais le rouge de l'agate n'est jamais qu'un rouge lavé et éteint, en comparaison de celui de la cornaline, qui est toujours net et vif. La cornaline est susceptible de toutes les teintes de rouge pur ; et elle est d'autant plus belle et plus estimée, que l'intensité de sa couleur est plus grande. Les cornalines les plus parfaites approchent, pour ainsi dire du grenat pour la couleur, et même en quelque sorte pour la transparence, après les avoir placées entre l'oeil et la lumière : mais ces belles cornalines sont bien rares. On dit que ce sont des cornalines de la vieille roche, et on prétend qu'elles se trouvaient en Perse, et qu'on n'en connait plus à présent les carrières : ce qu'il y a de certain, c'est que la plupart des cornalines, et peut-être toutes sont orientales. La netteté de la couleur suppose toujours dans les pierres une pâte fine ; celle de la cornaline ne diffère guère de la pâte de l'agate que par la couleur ; et il y a des cornalines dont le rouge, quoique vif, est si pâle, qu'on le reconnait à peine ; il est délayé dans cette matière blanche et laiteuse qui fait la pâte de l'agate, de la calcedoine, de la sardoine, et de la cornaline ; et lorsque la teinte de rouge est très-foible, il est difficile, et quelquefois impossible, de distinguer si elle est composée de rouge ou d'orangé ; et quelquefois la teinte n'est en effet ni rouge ni orangée ; de même que dans le spectre solaire il se trouve tel espace qui n'est ni rouge ni orangé, mais qui participe également au rouge et à l'orangé. Il y a donc telle pierre dont la teinte faible est équivoque, entre le rouge de la cornaline et l'orangé de la sardoine ; on ne sait si cette pierre est cornaline ou sardoine, et réellement elle n'est ni l'une ni l'autre relativement à ces dénominations ; mais on pourrait dire qu'elle serait l'une et l'autre, puisqu'elle a les caractères spécifiques de la cornaline et de la sardoine à égal degré. Voyez SARDOINE.