S. m. (Histoire ancienne) chez les anciens était une dispute ou combat pour la supériorité dans quelqu'exercice du corps ou de l'esprit.
Il y avait de ces combats dans la plupart des fêtes anciennes en l'honneur des dieux ou des héros. Voyez FETE, JEU.
Il y en avait aussi d'institués exprès, et qui ne se célebraient pas simplement pour rendre quelque fête plus solennelle. Tels étaient à Athènes l'agon gymnicus, l'agon nemeus, institué par les Argiens dans la 53e olympiade ; l'agon olympius, institué par Hercule 430 ans avant la première olympiade. Voyez NEMEEN, OLYMPIQUE, etc.
S. m. (Histoire ancienne) nom de dignité à Rome : c'étaient des ministres de la religion, qu'on regardait comme les interpretes des dieux, et qu'on consultait pour savoir si on réussirait dans ses entreprises. Ils en jugeaient par le vol des oiseaux, par la manière dont mangeaient les poulets sacrés. Les augures ne furent d'abord créés qu'au nombre de trois ou de quatre, et depuis augmentés jusqu'à quinze : ils juraient de ne révéler jamais aucun de leurs mystères, sans doute pour ne pas se décréditer dans l'esprit du peuple ; car les grands et les savants n'en étaient pas dupes, témoin ce que Cicéron dit de leurs cérémonies, qui étaient si ridicules, qu'il s'étonne que deux augures puissent s'entre-regarder sans éclater de rire. Leurs prédictions étaient néanmoins rangées dans l'ordre des prodiges naturels, mais personne n'en avait la clé qu'eux ; aussi interprétaient-ils le chant et le vol des oiseaux à leur fantaisie, tantôt pour, tantôt contre. Varron a prétendu que les termes d'augur et d'augurium venaient ex avium garritu, du gasouillement des oiseaux, qui faisait un des objets principaux de l'attention des augures. Festus et Lloyd, anglais, en ont tiré l'étymologie moins heureusement ; le premier, ex avium gestu, la contenance des oiseaux ; et le second, d'avicurus, avicurium, foin des oiseaux, parce que les augures étaient chargés du soin des poulets sacrés. Le P. Pezron tire ce nom du celtique au, foie, et gur, homme ; de sorte qu'à son avis l'augure était proprement celui qui observait les intestins des animaux, et devinait l'avenir en considérant leur foie ; opinion qui confond l'augure avec l'aruspice, dont les fonctions sont neanmoins très-distinguées dans les anciens auteurs. (G)
S. m. (Histoire ancienne) nom que les Romains donnaient à celui de leurs domestiques qui lisait pendant le repas. Les hommes puissants avaient des anagnostes, et ces esclaves furent en grand crédit sous l'empereur Claude.
adj. (Histoire ancienne) nom qui fut aussi donné, selon quelques-uns, aux sept collines sur lesquelles Rome fut assise, en mémoire d'Argeus, un des compagnons d'Hercule qu'Evandre reçut chez lui ; selon d'autres, aux seuls endroits de la ville de Rome, où étaient les tombeaux des Argiens, compagnons d'Hercule. Voyez ARGEENS.
S. f. (Histoire ancienne) nom donné par les Romains aux harangues faites aux soldats par les généraux ou les empereurs. Plusieurs médailles de Caligula, de Néron, de Galba et des autres empereurs romains, représentent ces princes en habit de guerre, haranguant des soldats, avec ces légendes : Adloc. coh. Adlocutio cohortium. Adlocutio coh. praetor Adlocutio Aug. Augusti adlocutio militum. Ce qui prouve que les harangues militaires des anciens ne sont pas si suspectes que les ont voulu rendre quelques critiques, puisque les empereurs ont consacré par des monuments publics celles qu'ils faisaient à leurs armées. (G)