(Géographie ancienne) ville de la Lucanie, dans le golfe Eléate, vis-à-vis des îles Oènétrides, sur le Héles, ou l'Halles ; cette ville se nomme aujourd'hui Pisciota, et la rivière l'Alente. Les îles Oènétrides sont Poncia et Isacia. Vélia est appelé par les Grecs Elea ; et d'abord qu'elle fut fondée par les Phocéens, elle s'appela Hylea ; Strabon, l. VI. dit qu'auprès du golfe Poestanus, il y en a un autre qui lui est contigu, où l'on voit une ville qui fut appelée Hycla, par les Phocéens ses fondateurs, Ella par d'autres, du nom d'une certaine fontaine, et que de son temps on nommait Elea.
Selon Etienne le géographe, la ville d'Eléa avait pris son nom d'une rivière qui la baignait, et de son temps cette ville se nommait Véléa. Cette rivière est l'Héles, d'où on appela la ville Héléa, et dans la suite l'aspiration fut changée en la lettre V. Pline, l. III. c. Ve Cicéron, l. VII. epist. xix. et Velléius Paterculus, l. II. c. lxxix. disent Vélia.
Le nom des habitants varie comme celui de la ville, les anciens écrivent quelquefois Eléates, quelquefois Velienses, et Virgile, Aeneid. l. VI. vers. 366. dit :
Portusque require Velinos.
Ses médailles se connaissent par ce mot, . Cette ville a été la patrie de Zénon Eléate, l'un des principaux philosophes de l'antiquité, et qui florissait dans la soixante et dix-neuvième olympiade. Il fut disciple de Parménide, et l'un des plus beaux hommes de son temps, en quoi il ressemblait à Apulée, à Pythagore, et à plusieurs autres philosophes. Zénon est nommé le Palamède d'Elée, dans le sophiste de Platon ; c'était un philosophe qui renversait beaucoup d'opinions, et qui en gardait très-peu pour lui. Ses sentiments étaient à-peu près les mêmes que ceux de Xénophanes et de Parménides, touchant l'unité, l'incompréhensibilité, et l'immutabilité de toutes choses ; vous en trouverez l'exposition dans ce Dictionnaire.
On a eu soin à l'article SIDON, de distinguer les différents philosophes qui ont porté le nom de Zénon, car il ne faut pas les confondre ; celui - ci est non - seulement connu pour être l'inventeur de la dialectique la plus captieuse, mais sur - tout pour avoir entrepris de redonner la liberté à sa patrie opprimée par un tyran. Son projet ayant été découvert, il souffrit avec une fermeté extraordinaire les tourments les plus rigoureux. Voyez ce qu'en rapporte Diogène Laèrce, liv. IX. avec le commentaire de Ménage. (D.J.)
