(Géographie ancienne) Timavus ; fontaine, lac, fleuve, et port d'Italie. Virgile parle de la fontaine du Timavus, au premier livre de l'Enéïde, vers. 246.

Antenor potuit....

.... fontem superare Timavi :

Undè per ora novem, vasto cum murmure montis

It mare praeruptum.

Tite-Live, l. XLI. c. j. fait mention du lac : le consul, dit-il, étant parti d'Aquilée, alla camper sur le bord du lac du Timavus. Le fleuve Timave sortait du lac par sept ou neuf ouvertures, coulait entre Tergeste et Concordia, et se jetait dans la mer par une seule embouchure, selon Pomponius Méla, l. II. c. iv. Claudien dit à-peu-près la même chose :



Mincius, inque novem consurgens ora Timavus.

Par les descriptions que les poètes donnent de ce fleuve, on s'imaginerait qu'il aurait été auprès de Padoue, chez les Vénetes, ou du moins dans leur voisinage : car Stace, l. IV. silv. 7. donne à Tite-Live qui était de Padoue, l'épithète de Timavi alumnus. Sidonius Apollinaris donne au Timavus le surnom d'Euganeus, à cause des peuples Euganées qui habitaient au couchant des Vénetes ; et Lucain, l. VII. vers. 192. met aussi le Timavus dans le même quartier :

Euganeo ; si vera fides memorantibus, augur

Colle sedents, Aponus terris ubi fumifer exit,

Atque Antenorci dispergitur unda Timavi.

Carm. IX. Ve 196.

Mais comme la géographie des poètes n'est pas fort exacte, il vaut mieux s'en rapporter aux géographes, comme Strabon, Polybe, et Possidonius ; et parmi les Latins, à Pomponius Méla, à Pline, à l'itinéraire d'Antonin, et à la table de Peutinger, qui tous mettent le Timavus après Aquilée et Tergeste.

Strabon, qui nous apprend qu'il y avait dans cet endroit un temple de Diomède, appelé templum timavum Diomedis, un port, et un bois fort agréable, donne sept sources au fleuve Timavus, qui, dit-il, après s'être formé un lit vaste et profond, Ve bientôt après se perdre dans la mer.

Ce fleuve n'a point changé de nom, on l'appelle encore le Timavo, et son embouchure est dans la mer Adriatique. (D.J.)