ou THYLÉ, (Géographie ancienne) par les Grecs ; île de l'Océan septentrional, que tous les anciens géographes joignent aux îles Britanniques : mais il y a de grandes difficultés à fixer sa situation, parce que les anciens n'ont point parlé de sa grandeur. Virgile, Géorgiq. l. I. vers 30. appelle cette île ultima Thule. Ptolémée, l. VII. c. Ve Agathamère et le géographe Etienne, disent que durant les équinoxes les jours sont à Thulé de vingt heures, et que le milieu de l'île est à 63 degrés de l'équateur. De-là Cellarius pense que par l'île de Thulé, les anciens n'ont point entendu l'Islande, mais l'île de Schetland, ou l'île de Fero, soumises au roi de Danemarck, et dont la position s'accorde avec celle que Ptolémée donne à l'île de Thulé. Le témoignage de Tacite, Vie d'Agric. c. Xe appuie ce sentiment : car il dit qu'en navigeant autour de la Grande Bretagne, on aperçoit l'île de Thulé. Or l'Islande est trop éloignée pour pouvoir être aperçue des côtes de la Grande Bretagne.



Cependant si l'on s'en rapporte à Procope, qui s'est fort étendu sur cette ile, l. III. de bello Goth. c. xiv. Thulé est dix fois plus considérable que la Grande Bretagne ; elle en est assez éloignée, et est presque déserte du côté du septentrion. Ce discours a engagé plusieurs géographes à prendre la grande Scandinavie, pour être l'île de Thulé. Ortelius pense en particulier, que Thulé est une partie de la Norvège, dont le nom même s'est conservé dans celui de Tilemarck, province de ce royaume. La convenance qui se trouve entre la latitude et la longitude de Tilemarck, avec celle que Ptolémée donne à l'île de Thulé, sert à fortifier la conjecture d'Ortelius ; mais il faut remarquer en même temps, que Procope avoue qu'il ne parle de Thulé que sur le récit d'autrui, et qu'il n'a jamais Ve cette ile. Il résulte de ce détail que le Thulé des anciens nous est encore inconnu. (D.J.)