(Géographie ancienne) montagne du Péloponnèse, dans l'Arcadie ; mais elle était d'une telle étendue, qu'elle courait dans toute la Laconie, jusqu'au voisinage de la mer, près du promontoire Tanarum. Cette montagne est haute et droite, si ce n'est dans l'Arcadie, où s'approchant des montagnes de cette contrée, elle forme avec elles un coude aux confins de la Messénie et de la Laconie.
La ville de Sparte était bâtie au pied de cette montagne, qui était consacrée à Castor et Pollux. Servius dit pourtant qu'elle a été consacrée à Bacchus. Comme il y avait quantité de bêtes fauves dans cette montagne, la chasse y était abondante, et les filles de Sparte s'y exerçaient ; ce qui a fait dire à Properce, ib. III. éleg. 14.
Et modo Taygeti crines adspersa pruinâ,
Sectatur patrios per juga longa canes.
Virgile, au-lieu de dire Taygetus dit Taygeta, en sous-entendant le mot juga :
.... Virginibus bacchata lacaenis
Taygea.
Et Stace a dit :
Nusquam umbrae vetères, minor othris et ardua sidunt ;
Taygeta, exalti viderunt aèra montes.
Le mont Taygete est bien connu ; il forme trois chaînes de montagnes, une à l'ouest vers Calamata et Cardamylé, une autre au nord vers Néocastro en Arcadie, et une autre au nord-est du côté de Misitra. Ces diverses branches ont aujourd'hui des noms différents : celle qui Ve de la Marine vers Misistra s'appelle Vouni-tis-Portais ; et auprès de Misitra elle prend le nom de Vouni-tis-Misitras. La terre est creuse de ce côté-là, et on y trouve une infinité de cavernes. Anciennement un coupeau du Taygetus emporté par un effroyable tremblement de terre, fit périr vingt mille habitants de Lacédémone, et ruina la ville toute entière, ce qui arriva la quatrième année de la soixante-dix-septième olympiade, c'est-à-dire 469 ans avant Jesus - Christ. Thucydide, Diodore, Pausanias, Plutarque, Ciceron, Pline, Elien, en un mot toute l'histoire a parlé de cet événement.
