, (Géographie ancienne) 1°. ville d'Italie, dans la Lucanie, à deux cent stades de Crotone, entre deux rivières ; le Sybaris qui lui a donné son nom, et le Crathis. Le Sybaris maintenant appelé Cochilé, rendait, si l'on en croit Pline, ceux qui buvaient de ses eaux, d'une complexion plus robuste, et d'un teint plus noir que les autres ; elles faisaient même crêper leurs cheveux ; elles rendaient aussi les bêtes ombrageuses ; ce qui obligeait les habitants voisins de cette rivière, d'abreuver leurs troupeaux ailleurs, parce qu'ils étaient saisis d'éternuments violents, s'ils usaient des eaux du Sybaris. Le Crathis, qui a gardé le nom de Crathe, rendait ceux qui en buvaient plus blancs, et d'une complexion plus faible ; apparemment que les Sybarites ne buvaient que des eaux du Crathis.



Solin prétend que Sybaris avait été fondée par les Troézéniens, et par Sagare, fils d'Ajax le Locrien ; Strabon veut au contraire qu'elle ait été fondée par les Achéens. Peut-être que cette ville avait été seulement ornée ou agrandie par les Achéens ; car souvent les anciens auteurs se servent du mot de bâtir, pour signifier agrandir, rétablir. Quoi qu'il en sait, cette ville avec le temps s'éleva à un tel point de grandeur, qu'elle commandait à quatre nations voisines ; qu'elle avait l'empire sur vingt-cinq villes, et qu'elle occupait cinquante stades de territoire, couvert de ses habitations. Diodore de Sicile, l. XII. dit que les Sybarites mirent sur pied une armée de trente mille hommes, dans la guerre qu'ils eurent contre les Crotoniates ; ces derniers néanmoins restèrent les vainqueurs, et ôtèrent aux premiers leur gloire et leurs richesses. Milon les repoussa jusque dans leur ville capitale, dont il forma le siège ; il s'en rendit le maître et la détruisit.

Sybaris demeura ensevelie sous ses ruines pendant cinquante-huit ans ; ensuite sous l'archontat de Callimaque à Athènes, les anciens habitants dispersés, qui restaient après cette déroute, se joignirent à quelques thessaliens, avec le secours desquels ils entreprirent de rebâtir leur ville sur ses anciens débris, et de ses démolitions ; mais les Crotoniates en prirent ombrage, et les en chassèrent au bout de cinq ans. Ainsi fut détruite et sans retour, cette ville qui avait été longtemps le scandale de l'univers par sa mollesse. Voyez-en pour preuve le mot SYBARITES.

Cependant peu de temps après, une nouvelle colonie grecque fonda sous la conduite de Lampon et de Xénocrite, à quelque distance de l'ancienne Sybaris, la ville de Thurium. Voyez THURIUM, n °. 1. c'est un article curieux.

2°. Sybaris, fleuve d'Italie dans la Lucanie.

3°. Sybaris. Ceux qui sont versés dans les antiquités de l'Italie, dit Pausanias, l. VI. c. xix. veulent que la ville de Lupia, qui est entre Brindes et Hydrunte, ait été appelée autrefois Sybaris. Cette ville, ajoute-t-il, a un port fait de main d'homme par ordre et sous l'empire d'Hadrien.

4°. Sybaris, fontaine du Péloponnèse dans l'Achaïe propre, près de la ville de Bura. Strabon, l. VIII. p. 386. dit qu'on prétendait que cette fontaine avait occasionné le nom du fleuve Sybaris, en Italie.

5°. Sybaris, ville de la Colchide, selon Diodore de Sicile, l. IV. qui en fait la résidence du roi du pays. Il ajoute que le temple de Mars où était gardée la taison d'or, ne se trouvait qu'à soixante et dix stades de cette ville. (D.J.)