(Géographie ancienne) nous disons Suses ou Suzes en français. Voyez SUSES.

Susa, ville de Perse, et la capitale de la Susiane ; elle fut autrefois la résidence des rois de Perse, comme le remarque Pline, l. VI. c. xxvij. Il ajoute qu'elle fut bâtie par Darius fils d'Hystaspes : vetus regia Persarum Susa à Dario Hystaspis filio condita. Cela n'est pas juste, à-moins que Pline par le mot condita, n'entende un rétablissement, ou une nouvelle enceinte ; car Susa est une très-ancienne ville, qui, selon Strabon, l. XV. p. 228. a été bâtie par Tahonus, père de Memnon. Il lui donne un circuit de vingt-six stades, une figure oblongue, et une forteresse nommée Memnoneum. Hérodote dit que Susa est appelée ville de Memnon : Strabon compare les murs de cette ville avec ceux de Babylone. Je ne m'en rapporterai donc pas à Polyclete, qui voulait que la ville de Susa n'eut point de murailles ; cela n'est nullement croyable de la capitale d'un empire, ni d'une ville, où, selon Diodore de Sicile, l. XVII. c. lxvj. on gardait des trésors immenses, que divers rois avaient amassés depuis plusieurs siècles, pour que leur postérité put s'en servir dans un cas de nécessité.



L'Ecriture-sainte parle beaucoup de Suses, qu'elle nomme en hébreu Susan, mot qui signifie un lis ; c'est dans cette ville qu'arriva l'histoire d'Esther. C'est sur le fleuve qui y coulait, que Daniel eut la vision du bélier à deux cornes, et du bouc qui n'en avait qu'une ; c'est aussi dans cette ville que Benjamin de Tudele et Abulfarage mettent le tombeau de ce prophète. Enfin, c'est à Susan que Néhémie obtint du roi Artaxerxès la permission de retourner en Judée, et de réparer les murs de Jérusalem. (D.J.)