(Géographie ancienne) les anciens ont écrit sirbonis et serbonis ; ce lac, connu des historiens et des anciens géographes, était entre la Palestine et l'Egypte, sur la mer Méditerranée, assez près du mont Casius. Diodore de Sicile, l. I. c. xxx. en parle ainsi : il y a, dit-il, au milieu de la Caelé-Syrie et de l'Egypte, un lac fort étroit, et dont la longueur peut avoir deux cent stades ; on l'appelle le lac Sirbon ; il est très-profond et très-dangereux pour ceux qui ne le connaissent pas, parce qu'étant comme une bande d'eau entre deux rivages sablonneux, les vents le tiennent presque toujours couvert de sable, de sorte qu'il ne fait qu'une même surface avec la terre ferme, de laquelle il est impossible de le distinguer à l'oeil ; il y a eu des capitaines qui y ont péri avec toute leur armée, faute de bien connaître le pays ; le sable accumulé sur cette eau bourbeuse, ne cede d'abord que peu-à-peu, comme pour séduire les passants, qui continuent d'avancer, jusqu'à ce que s'apercevant de leur erreur, les secours qu'ils tâchent de se donner les uns aux autres, ne peuvent plus les sauver. En effet, ce composé n'étant ni solide, ni liquide, on ne saurait nager dans une eau épaissie par le sable, et par le limon dont elle est chargée : et l'on ne trouve nulle part un fond assez ferme pour appuyer le pied, ou pour s'élancer en haut ; tous les efforts qu'on peut faire ne servent qu'à attirer le sable qui est sur le rivage, et qui acheve d'accabler ceux qui sont pris dans ce funeste piege.
Strabon s'est assez grossièrement trompé sur ce sujet, ayant confondu le lac de Sirbon, avec le lac Asphaltite, comme il aisé de le voir par la description qu'il en fait, et par ce qu'il dit de son origine. Géographie l. XVI. p. 1308. Amst. 1707. in-fol. Le lecteur peut consulter sur le lac Sirbon, Cellarius, Géographie anc. l. IV. c. j. (D.J.)
