Sigeum, (Géographie ancienne) promontoire, ville et port de l'Asie mineure dans la Troade, immédiatement après la ville de Rhoeteum. La ville de Sigeum était ruinée du temps de Strabon, l. XIII. p. 595. ce qui fait que peu d'autres en parlent. Pline, l. V. c. xxx. dit ; In promontorio quondam Sigeum oppidum. Ptolémée, l. V. c. IIe marque le promontoire Sigeum entre l'embouchure du Scamandre et Alexandria Troa. On comptait soixante stades de ce promontoire à celui de Rhoeteum, en prenant le long du rivage. C'est aujourd'hui le cap Janitzari.
On y trouve un village, que les Grecs appellent Troius. Il contient trois cent feux ou environ. Tous les habitants sont grecs, et vivent de la vente de leurs denrées, qui sont des blés, des vins, des safrants, des melons et d'autres fruits. Tout y est à si grand marché, qu'on y a quinze poules pour une piastre, qui vaut un écu de notre monnaie. La douzaine d'œufs n'y coute qu'un sol.
Ce fut à Sigée, si l'on en croit Cicéron et quelques auteurs anciens, qu'Alexandre, en voyant le tombeau d'Achille, s'écria : Trop heureux héros, qu'Homère ait chanté tes exploits. Cela est vrai, ajoute l'orateur romain ; car sans l'Iliade, Achille mourut tout entier, et son nom ne lui survivait point. Cependant Pomponius-Mela, Pline et Solin placent ailleurs qu'à Sigée le tombeau d'Achille. La ville de Sigée a été autrefois épiscopale : elle est aujourd'hui ruinée. (D.J.)
