(Géographie ancienne) ville d'Asie, dans la petite Mysie, et dans les terres, suivant Ptolémée, liv. V. ch. IIe

Métrodore, homme recommandable par son éloquence et par son savoir, était né dans cette ville. Strabon, liv. XI. Pline, liv. II. ch. XVIe et xxxj. liv. XXXIV. ch. VIe Athénée, liv. XIII. parle de lui comme d'un homme célèbre. Il écrivit divers traités que le temps nous a enviés. Mithridate qui le chérissait l'envoya en ambassade vers Tigrane, avec ordre de l'engager à joindre ses forces aux siennes contre les Romains. Métrodore ayant exécuté sa commission, Tigrane lui dit dans la conversation : " Mais vous, Métrodore, que me conseillez-vous ? Seigneur, lui repliqua-t-il, comme ambassadeur je vous le conseille, mais si vous consultez Métrodore, il ne vous le conseillera jamais ". Mithridate apprit cette particularité de Tigrane, dans les entretiens secrets que ces deux princes se firent de leurs confidences réciproques, et sur-le-champ il se vengea injustement de Métrodore, en le faisant mourir ; c'est ainsi que cet homme estimable par sa franchise, finit ses jours sous la 177e olympiade, l'an 72 de Jesus-Christ.



Au reste, pour le dire en passant, l'histoire ancienne fait mention de dix hommes illustres nommés Métrodore, et qu'il ne faut pas confondre ensemble.

Le premier était de Chio, et maître d'Hippocrate. Il vivait sous la 84e. olympiade, vers l'an 444 avant Jesus-Christ. Il écrivit quelques ouvrages de médecine, et une histoire du royaume de Troie, cités par Pline, Athénée, Isaac Tzetzès, etc.

Le second de Lampsaque, vivait sous la 86e olympiade, vers l'an 536 avant Jesus-Christ, et fut lié d'amitié avec le philosophe Anaxagoras.

Le troisième d'Athènes, ou si l'on veut de Lampsaque, ami particulier et disciple d'Epicure, fleurissait sous la 126e. olympiade, vers l'an 274 avant Jesus-Christ ; Diogène Laerce, Ciceron, Strabon, et Clément d'Alexandrie, en ont beaucoup parlé, mais Gassendi a publié sa vie.

Le quatrième, né à Stratonice, est le seul qui quitta la secte d'Epicure pour s'attacher à Carnéade, académicien. Il fleurissait sous la 161e. olympiade, vers l'an 136 avant Jesus-Christ.

Le cinquième est le nôtre, né à Scepsis.

Le sixième est ce Métrodore, qui excellait tout ensemble dans la philosophie et dans la peinture, et que les Athéniens envoyèrent à Paul Emile, qui fut enchanté de ce choix ; il le nomma pour précepteur de ses enfants.

Le septième est un mathématicien dont parle Pline.

Le huitième, grammairien, dont fait mention Agathias, liv. V. hist.

Le neuvième de ce nom avait fait un cycle pour la célébration de la fête de Pâques. Voyez M. Dupin.

Le dixième, architecte sous l'empire de Constantin, vers l'an 327 de Jesus-Christ, était natif de Perse, et fit dans les Indes plusieurs édifices qui l'illustrèrent. (D.J.)