(Géographie ancienne) ancien peuple de l'Arabie, Eratosthene, dans Strabon, les nomme Scenitae Arabes. Les premiers, dit-il, qui occupent l'Arabie heureuse sont les Syriens. Après eux est une terre sablonneuse et stérile, qui produit des épines et des bruyeres, et qui a de l'eau lorsque l'on creuse dans la terre, comme dans la Gédrosie. Ce pays est occupé par les Arabes scénites qui nourrissent des chameaux.
Pline dit, l. V. c. XIe au-delà de l'embouchure du Nil, qui porte le nom de Péluse, est l'Arabie qui s'étend vers la mer Rouge, et vers cette odoriférante contrée connue sous le nom d'heureuse. Elle est stérile, excepté aux confins de la Syrie, et n'a rien de recommandable que le mont Casius. Ce nom d'Arabes scénites vient de ce qu'ils logeaient sous des tentes, comme font encore les Bédouins.
Ammien Marcellin nous apprend que les Arabes scénites étaient le même peuple que les Sarrasins, gens, dit-il, que nous ne devons jamais souhaiter d'avoir pour amis, ni pour ennemis. Ils courent çà et là, ravagent en un instant tout ce qu'ils trouvent sous leur main, semblables à des éperviers qui, s'ils voient bien haut une proie, l'enlèvent par un vol rapide, et ne s'arrêtent point qu'ils n'en soient saisis.
Il ajoute les particularités suivantes : Toutes ces nations qui s'étendent entre l'Assyrie et les cataractes du Nil et jusqu'aux confins de Blemmyes, sont également guerrières. Les hommes sont à demi-nuds, avec une saie de couleur qui les couvre jusqu'au-dessus de la ceinture ; ils se portent de divers côtés à la faveur de leurs chevaux qui sont très-légers, et de leurs chameaux, et ne s'embarrassent ni de la paix, ni de la guerre : on ne voit jamais aucun d'eux mener la charrue, tailler des arbres, ou cultiver la terre pour se nourrir ; mais ils sont vagabonds et dispersés dans une grande étendue de pays, sans demeure et sans lois. Ils se nourrissent de chair de bêtes sauvages, de lait qu'ils ont en abondance, et d'herbes de plusieurs espèces. Nous les avons Ve la plupart, ne connaissant l'usage du blé, ni celui du vin.
Ptolémée place les Scénites et des Saraceni dans l'Arabie pétrée, et les regarde comme les colonies d'un même peuple ; mais il faut bien remarquer que les noms de Scénites et de Saraceni étaient proprement des sobriquets que les autres peuples leur donnèrent. Le mot de scénites vient de ce qu'ils demeuraient sous des tentes ; et le mot saraceni parait venir de l'arabe sarak, qui veut dire voler, piller, terme qu'on employa pour exprimer les brigandages de cette nation.
Il parait par Procope que sous l'empire de Justinien les Saraceni, que nous avons nommés en français Sarrasins, étaient partagés par tribus, entre lesquelles certaines familles conservaient une prééminence héréditaire. Mahomet, qui naquit l'an 571, s'attacha toutes ces tribus de Sarrasins, se mit à leur tête, se fit donner de nouvelles terres par Héraclius, et mourut en 633, après avoir fait de grandes conquêtes en Arabie, que ses successeurs étendirent de toutes parts. Voyez SARRASINS, Hist. (D.J.)
