(Géographie ancienne) ville de la Palestine, capitale d'un petit royaume de même nom, qui comprenait les dix tribus. Elle fut bâtie par Amri, qui acheta deux talents d'argent d'un nommé Somer, la montagne de Someron. Amri éleva sa ville sur cette montagne, qui était agréable, fertile, ayant des eaux en abondance, et située à une journée de Jérusalem. Achab bâtit dans cette ville un palais d'ivoire, c'est-à-dire, où il y avait beaucoup d'ornements d'ivoire, III. Reg. ch. XIIIe Salmanazar, roi d'Assyrie, prit cette ville l'an 720 avant J. C. et la détruisit.
Il parait qu'elle se rétablit dans la suite, puisque Esdras, l. I. c. iv. et l. II. c. iv. parle déjà des habitants de Samarie, et que les Samaritains jaloux des faveurs qu'Alexandre le Grand avait accordées aux Juifs, se révoltérent ; ce prince, dit Quinte-Curce, l. IV. c. xxj. marcha contr'eux, prit Samarie, et y mit des Macédoniens ; il donna le pays des environs aux Juifs pour le cultiver, et leur accorda l'exemption du tribut.
Jean Hircan prit dans la suite Samarie, et la ruina de nouveau ; mais quand Gabinius fut fait président de Syrie, il entreprit de rebâtir Samarie. De-là vient, dit Syncelle, qu'on l'appelle quelquefois la ville des Gabiniens, c'est-à-dire, la colonie de Gabinius ; cependant Samarie n'était encore qu'un village. Hérode fut le premier qui en refit une ville dans les formes, et qui la remit en honneur.
Comme Auguste lui avait accordé cette place en propriété, il lui donna le nom grec de Sébaste, qui revient au nom latin Augusta, la ville d'Auguste. Il y attira six mille nouveaux habitants, et leur distribua les terres des environs, qui étant extrêmement fertiles, produisirent en si grande abondance, que la ville se trouva bien-tôt riche et peuplée. Il mit une bonne garnison dans la tour de Strabon, qui dans la suite, par compliment pour le même Auguste, porta le nom de Césarée.
Le nom de Samarie était commun à la ville, et au pays des environs : de sorte qu'il y avait Samarie ville, et Samarie qui était le pays de Samarie. Les auteurs sacrés du nouveau Testament, parlent assez peu de Samarie ville, et lorsqu'ils emploient ce mot, ils expriment sous ce nom plutôt le pays que la ville dont nous parlons. Par exemple, quand on lit, Luc, c. XVIIe que Jésus passait par le milieu de la Samarie, cela veut dire par le pays de Samarie. Et dans S. Jean, c. iv. Jésus étant venu dans une ville de la Samarie nommée Sichar : c'est-là qu'il eut un entretien avec une femme de Samarie, c'est-à-dire, une samaritaine de la ville de Sichar.
Après la mort de S. Etienne, les disciples s'étant dispersés dans les villes de la Judée et de la Samarie, Act. c. VIIIe le diacre S. Philippe vint dans la ville de Samarie, où il fit plusieurs conversions. Les apôtres ayant appris que cette ville avait reçu la parole de Dieu, y envoyèrent Pierre et Jean, pour donner le S. Esprit à ceux qui avaient été baptisés. C'est - là qu'était Simon le magicien, qui offrit de l'argent aux apôtres, afin qu'ils lui communiquassent le pouvoir de donner le S. Esprit. Samarie n'est jamais nommée Sébaste dans les livres du nouveau Testament, quoique les étrangers ne la connussent guère que sous ce nom-là. (D.J.)
