(Géographie ancienne) ville de la grande Bretagne, Ptolémée la donne aux peuples Canti, et la marque au voisinage de Darucruum. Quoique voisine de la mer, elle devait en être à quelque distance, car il la met dans les terres, et on veut que ce soit aujourd'hui le bourg appelé Richeborough. Mais elle avait un port plus avantageux qu'il n'est présentement. Les poètes l'ont célébré. On lit dans Lucain, l. VI. vers. 67.
Aut vaga quùm Tethys Rutupinaque littora fervent
Unda caledonios fallit turbata Britannos.
Et dans Juvenal, Satyr. IV. vers. 140.
Circeis nata forent an
Lucrinum ad Saxum, Rutupino ne edita fundo.
Ce port est appelé portus Rutupae dans l'itinéraire d'Antonin, Ritupae par Ammian Marcellin, l. XX. c. j. et l. XXVII. c. VIIIe et Rutupi dans la notice des dignités de l'empire. Il était si fameux, que son nom a été employé pour désigner toute la grande Bretagne. C'est dans ce sens qu'Ausone, parental. 18. a dit en parlant de S. Flavius :
Praeside latatur quo Rutupinus ager.
Et parlant de la ville d'Aquilée.
Felix qua tanti spectatrix laeta triumphi
Punisti Ausonio Rutupinum marte latronem.
Par Rutupinum latronem, il entend Magnus-Maximus, meurtrier de Gratien, qui s'était emparé du pouvoir souverain dans la grande Bretagne, et que Théodose fit mourir dans la ville d'Aquilée. Voyez Zosime, l. IV. c. xxxv. et xlvj. où ce fait est rapporté. (D.J.)
