(Géographie ancienne) bourg de l'Attique, sur le bord de l'Euripe, dans la tribu aeantide, selon Strabon, liv. IX. Pausanias, attic. c. xxxiij. dit que ce bourg était à 60 stades de Marathon du côté du septentrion. M. Spon, voyez tom. II. pag. 184. dit que le nom moderne est Tauro-Castro, ou Ebraeo Castro. Cent pas au-dessus, ajoute-t-il, sont les débris du temple de la déesse Némésis. Ce temple était carré, et avait quantité de colonnes de marbre, dont il ne reste que les pièces. Il était fameux dans toute la Grèce, et Phidias l'avait rendu encore plus recommandable par la statue de Némésis qu'il y fit. Strabon dit que c'était Agoracritus parien, mais que cet ouvrage ne cédait point à ceux de Phidias. Pour ce qui est de la montagne et de la grotte de Pan, dont les anciens disaient tant de merveilles, on ne les distingue point aujourd'hui.
Antiphon, orateur athénien, était du bourg de Rhamnus, d'où on le surnomma le rhamnusien. Personne avant lui ne s'était avisé de composer des plaidoyers. Après avoir cultivé la poésie, il se donna tout entier à l'éloquence, la réduisit en art, en publia des préceptes, et l'enseigna à Thucydide, qui par reconnaissance fit l'éloge de ce maître dans le huitième livre de son histoire. Plutarque dit qu'il était exact dans sa manière, énergique et persuasif, fécond en moyens, heureux à prendre le bon parti dans les conjectures douteuses, adroit à s'insinuer dans l'esprit de ses auditeurs, et rigoureux observateur des bienséances. Il y a eu plusieurs autres Antiphons, avec lesquels celui-ci ne doit pas être confondu. (D.J.)
