(Géographie ancienne) nom d'une montagne, selon Ortelius, qui cite Isidore. De-là, ajoute-t-il, vient le nom de Baal-Phégor, n. 25. 3 et 5. Deut. iv. 3. Josué, xxij. 17. c'est-à-dire, Baal sur la montagne de Phégor. Béel-phégor signifie, selon Suidas, le lieu où Saturne était adoré. Béel-Phégor, dit dom Calmet, est le dieu Phégor ou Phogor. On peut voir les conjectures qu'il a rapportées sur cette fausse divinité. Dans une dissertation que ce savant bénédictin a faite exprès à la tête du livre des Nombres, il tâche d'y montrer que c'est le même dieu, Adonis ou Orus, adoré par les Egyptiens, et par la plupart des peuples d'Orient. L'Ecriture dit que les Israèlites étant campés au désert de Sen, se laissèrent aller à l'adoration de Béel-Phégor, qu'ils participèrent à ses sacrifices, et qu'ils tombèrent dans l'impudicité avec les filles de Moab. Et le Psaumesiste racontant le même événement, dit que les Hébreux furent initiés aux mystères de Béel-Phégor, et qu'ils participèrent aux sacrifices des morts. Phégor ou Pé-or, ajoute dom Calmet, est le même qu'Or ou Orus, en retranchant de ce mot l'article pé, qui ne signifie rien. A l'égard d'Orus, dit-il, c'est le même qu'Adonis ou Osiris. On célebrait les fêtes d'Adonis comme des funérailles, et l'on commettait dans ces fêtes mille dissolutions, lorsqu'on chantait qu'Adonis qu'on avait pleuré mort était vivant. Ainsi dom Calmet est bien éloigné de dire que Phégor soit une montagne. (D.J.)