(Géographie ancienne) en latin Numidia, grande contrée d'Afrique, qui eut anciennement le titre de royaume, mais dont les bornes étaient différentes avant la guerre de Carthage, de ce qu'elles furent sous les premiers empereurs romains. D'abord la Numidie comprenait deux grandes nations, l'une connue sous le nom de Numides massaesyliens, l'autre sous celui de Numides massyliens. Les premiers habitaient à l'occident, les autres à l'orient. Marius ayant défait Jugurtha, la Numidie tomba sous la puissance du peuple romain, qui pour-lors se contenta de la donner à d'autres rois : mais sous Jules-César les deux Numidies furent réduites en provinces romaines. La Numidie massylienne fut appelée simplement la province de Numidie ; et la Numidie massaesilyenne ne fut plus connue que sous le nom de Mauritanie césarienne. La métropole civîle de la province de Numidie était Cirta, qui eut le titre de colonie, et depuis celui de colonie constantine.



Massinissa, roi de Numidie, à qui le sénat de Rome donna tout ce qu'il avait conquis en Afrique, mérite ici quelques lignes. Il remporta une victoire en personne à l'âge de 92 ans contre les Carthaginois. Il fit la guerre jusqu'à la fin de ses jours, montant à cheval sans selle et sans aide. Il mourut l'an de Rome 636, et laissa quarante-quatre fils, dont le dernier n'avait que quatre mois : je reviens à mon sujet.

La Numidie qui faisait autrefois partie de la Libye sur la côte septentrionale d'Afrique, et qui s'étendait du nord au sud, entre la Mauritanie à l'ouest, et la Bazacène à l'est, est maintenant une partie de la Barbarie, qui contient à-peu-près le royaume d'Alger, et quelques déserts du Bilédulgérid.

On sait que la Numidie devint, sous les empereurs chrétiens, une province ecclésiastique, dans laquelle il se forma un grand nombre d'évêchés. La notice épiscopale d'Afrique vous en fournira les noms, et même ceux des évêques. (D.J.)

NUMIDIE, MARBRE DE, (Histoire naturelle) marbre très-dur et fort estimé des anciens, mais dont ils ne nous ont point laissé de descriptions : quelques auteurs ont cru qu'il était jaune. M. Hill le regarde comme un marbre bleuâtre et d'une seule couleur : les Romains s'en servaient pour carreler les édifices. Il prend un très-beau poli, quelquefois il est traversé de veines blanches. Nous avons en Europe un grand nombre de marbres qui ont toutes ces qualités, et qui peuvent servir aux mêmes usages que celui que les Romains faisaient venir de Numidie. (-)