(Géographie ancienne) en latin Langobardi ou Longobardi, anciens peuples de la Germanie, entre l'Elbe et l'Oder.
Il y aurait de la témérité à vouloir désigner plus spécialement leur pays et en marquer les bornes, parce qu'aucun ancien auteur n'en parle : nous ne savons que quelques faits généraux qui concernent ces peuples. Tacite nous apprend seulement que quoiqu'ils fussent placés au milieu de diverses nations puissantes, ils ne laissèrent pas de conserver leur liberté.
Sous le règne de Marc-Aurele, les Lombards quittèrent leur ancienne demeure, s'avancèrent jusqu'au Danube, passèrent ce fleuve, et s'emparèrent d'une province dont ils furent chassés par Vindex et par Candidus chefs de l'armée romaine. Ensuite, pendant plus de deux siècles on n'entendit plus parler d'eux : on ignore même le pays qu'ils allèrent habiter.
Mais sous l'empire de Théodose, Agilmund leur chef rendit fameux le nom des Lombards. Vers l'an 487 ils aidèrent Odoacre roi des Hérules à s'emparer de l'île de Rugen ; et dans la suite eux-mêmes en devinrent les maîtres.
En 526, leur roi Audouin les conduisit en Pannonie, et ils ne furent pas longtemps à subjuguer cette province. Le royaume des Ostrogoths ayant été détruit vers l'an 560, Alboin invité par Narsés conduisit ses Lombards en Italie, et il y fonda un royaume puissant, sous le nom de royaume de Lombardie.
Bientôt les vainqueurs adoptèrent les mœurs, la politesse, la langue, et la religion des vaincus : c'est ce qui n'était pas arrivé aux premiers Francs ni aux Bourguignons, qui portèrent dans les Gaules leur langage grossier et leurs mœurs encore plus agrestes. La nation lombarde était composée de payens et d'ariens, qui d'ailleurs s'accordaient fort bien ensemble, ainsi qu'avec les peuples qu'ils avaient subjugués. Rotharis leur roi publia vers l'an 640 un édit qui donnait la liberté de professer toute religion ; de sorte qu'il y avait dans presque toutes les villes d'Italie un évêque catholique et un évêque arien, qui laissaient vivre paisiblement les idolâtres répandus encore dans les bourgs et les villages.
Enfin, le royaume des Lombards qui avait commencé par Alboin en 568 de l'ère vulgaire, dura tranquillement sous vingt-trois rois jusqu'à l'an 774, temps auquel Pepin défit Astolphe roi de ce peuple, et l'obligea de remettre au pape étienne l'exarchat de Ravenne. Cependant Didier duc de Toscane s'empara du royaume, et fut le vingt-troisième et dernier roi des Lombards. Le pape mécontent de ce prince, appela Charlemagne en Italie. Ce guerrier mit le siege devant Pavie, et fit Didier prisonnier.
Pour lors tout cédant à la force de ses armes, il nomma des gouverneurs dans les principales villes de ses nouvelles conquêtes, et joignit à ses autres titres celui de roi des Lombards. On peut dire néanmoins que le royaume ne finit pas pour cela ; parce que les principaux de cette nation voyant que leur roi était pris, et conduit en France dans un monastère, sans espérance d'obtenir jamais sa délivrance, ils reconnurent Charlemagne à sa place, à condition qu'il maintiendrait leur liberté, leurs privilèges et leurs lais. En effet, nous avons encore le code de ces lois particulières, selon lesquelles Charlemagne et ses successeurs s'engagèrent de les gouverner : et l'on voit plusieurs des capitulaires de ce prince inserés en divers endroits de ce code. (D.J.)
