(Géographie ancienne) contrée d'Asie aux confins de la Pamphilie et de la Cilicie ; c'est un pays de montagnes, situées pour la plus grande partie dans le mont Taurus ; ce pays n'avait autrefois ni ville ni bourg, mais seulement deux gros villages nommés au pluriel Isaura ; cependant ces deux villages donnèrent bien de la peine aux Romains, du moins à Publius Servilius, qui rapporta de leur conquête le surnom d'Isaurique.

Sous les empereurs grecs, l'Isaurie s'accrut aux dépens des provinces voisines, car dans la notice de Hiéroclès, on y compte vingt-trois villes, dont Seleucie était la métropole ; et outre ces villes il y avait encore d'autres sièges indépendants ; l'Isaurie propre fut soumise pour le spirituel à la juridiction du patriarche de Constantinople.



Cette province, défendue par ses montagnes et par la valeur de ses habitants, resta sous la domination des empereurs grecs, jusqu'à l'invasion des Turcs Selgiukides, qui dans le XIe siècle se répandirent de la Syrie et de la Perse dans l'Asie mineure, et y établirent une puissante dynastie, connue sous le nom de Sultants Selgiukides de Roum.

Enfin, l'Isaurie et les pays voisins ont passé sous la domination des Turcs ottomants, depuis le règne de Mahomet II. Ils appellent ce district Itch-il, c'est-à-dire le pays intérieur ; il dépend du gouvernement ou pachalik de l'Ile de Chypre, et est presque entièrement occupé par diverses tribus de Turkmants, qui habitent en hiver les villes et les bourgades, et se retirent pendant l'été dans les montagnes avec leurs troupeaux. La ville de Séleucie, appelée maintenant Selké, est encore assez peuplée, et le bey ou gouverneur particulier du pays d'Itch-il y fait sa résidence. (D.J.)